Le bilan désastreux de 2008 pour les casinos français

Lundi 8 décembre 2008

2008 ne sera pas, à coup sûr, une année faste pour les casinos en France. En effet, les établissements de jeu d’argent enregistrent une forte baise de fréquentation. Cette désaffection du public possède deux causes principales. La plus évidente est bien sûr la crise financière mondiale qui touche, à peu près tous les secteurs. Comme toutes les industries du divertissement, le marché du jeu d’argent en subit, de plein fouet, les foudres. Les joueurs sont moins enclins à dépenser leur argent pour leurs loisirs. Ils préfèrent le garder pour leurs dépenses du quotidien. Mais cette crise n’est pas la seule responsable du bilan désastreux de 2008. Avant qu’elle vienne toucher la France, les casinos connaissaient déjà une baisse de fréquentation de 15%. Cette dernière est due à l’interdiction de fumer dans les lieux publics et à l’obligation de vérifier les identités des joueurs.

Des chiffres alarmants

Le bilan des 197 casinos de France est très mauvais. Le produit brut des jeux est un indice constitué par la différence entre les mises des joueurs et les gains réglementaires versés par la maison de jeu. Celui de l’exercice 2007-2008 a baisé de 10,2 % par rapport à la période 2006-2007. A cette époque le produit brut des jeux des établissements de jeu d’argent est de 2,8 milliards d’euros. Il augmente de 3,07%. Cette année la baisse est à deux chiffres ce qui inquiète particulièrement les casinotiers. Les trois syndicats patronaux (Casinos de France, Syndicat des casinos modernes de France, l’Association des casinos indépendants de France) ont publié le bilan des 170 casinos sur les 197 que compte l’hexagone. Ce bilan est très alarmant. En effet, de début janvier à fin octobre, le marché enregistre une diminution de 13,5%. Trois mois ont été particulièrement catastrophique, août et sa baisse de 15,5%, septembre avec -20% et octobre et ses -16,5%.

Les raisons de ce bilan désastreux

Ces chiffres du marché du jeu en baisse ont plusieurs causes distinctes. Comme nous l’avons déjà dit, la crise économique mondiale a aussi impacté l’industrie des casinos en invitant les joueurs à la prudence. Deux lois sont aussi pointées du doigt par les dirigeants des établissements de jeu d’argent. La première est celle concernant l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Elle rend les casinos moins accueillants puisque les fumeurs ne peuvent plus déguster leurs cigarettes, leurs cigares ou leurs pipes en jouant. Ils sont obligés de sortir. La seconde loi concerne la protection des mineurs et des joueurs pathologiques. Elle oblige les casinos à vérifier, à l’entrée, l’identité de tous ces clients. Une Troisième raison est évoquée, la concurrence déloyale de la Française des jeux. En effet, l’entreprise publique attire de plus en plus de joueurs et propose de nouvelle offre : une nouvelle formule pour le loto et des jeux de grattages comme Poker fin octobre et Noël à Vie, récemment. Le PMU est aussi mis en cause. Il permet au joueur de miser en ligne, ce qui est encore interdit pour les casinos. Enfin, la quatrième et dernière raison est justement l’émergence de ces casinos en ligne encore illégaux à l’heure actuelle. Pour contourner l’interdiction, ils opèrent depuis l’étranger. Pour l’instant une entreprise privée ne peut proposer du jeu d’argent sur Internet. Par contre, dès 2009, une loi va libéraliser ce nouveau marché. Les groupes Partouche et Barrière, notamment, attendent impatiemment cela pour essayer de remonter la pente. Une lutte acharnée est en préparation. Elle devrait permettre une amélioration de la situation du marché du jeu en France.

Un appel à l’aide en direction de l’Etat

Si elle persiste, la situation, que connaît actuellement le marché du jeu en France, devrait déboucher sur des plans sociaux. Patrick Partouche du Groupe Partouche et Dominique Desseigne du Groupe Barrière évoquent des fermetures possibles de casinos. Ils appellent l’Etat à l’aide. Ils espèrent qu’il diminue leur fiscalité pour une durée de deux ans.    En effet, l’Etat ponctionne pas moins de 58% du PBJ des casinos. Une autre chose est demandée pouvoir ouvrir plus facilement des nouvelles tables de jeux comme pour le Poker texas hold’em, actuellement à la mode, la roulette ou le baccarat en ligne. Les casinotiers espèrent ainsi augmenter le produit brut des jeux. Les établissements de jeu d’argent ne sont pas les seuls à s’inquiéter de leur sort. Certaines villes sont directement touchées par leur santé financière. En effet, les communes qui bénéficient d’un casino récupèrent beaucoup d’argent grâce à leur impôt. Certaines ne peuvent se passer de cette manne financière. Le budget d’une ville comme Barbazan, par exemple, est constitué à 74 % par les fonds prélevés au casino. Cet établissement a aussi permis la création de 100 emplois que ce soit directement dans le casino ou dans des secteurs d’activité proches.

Tags:

Search