Le site de jeu en ligne de Partouche s’ouvre aux mises réelles
Dimanche 2 novembre 2008

Le président du directoire de la chaîne de casinos Partouche est énervé. Il veut en finir avec l’hypocrisie de la légalisation des jeux en France qui se laisse attendre trop longtemps à son goût. En effet, Patrick Patourche a déclaré, ce matin, en marge du colloque sur les conditions d’ouverture du marché des jeux et des paris en ligne : « Il y a un temps pour gueuler, un temps pour agir. On ne m’a jamais écouté alors maintenant je vais agir ». Effectivement, s’il joint les gestes à la parole, il risque fort de faire grand bruit et de bouleverser le petit monde français du jeu d’argent, à moins que la justice l’en empêche.
Une ouverture des paris pour bientôt
Ainsi, dans une quinzaine de jours, le site du groupe, réunissant : poker, paris sportifs et casino en ligne, devrait accepter les mises avec argent réel. « C’est censé être interdit, mais tous les sites installés à Malte ou à Gibraltar, sont là ce matin, ils parlent à la tribune, ils sont sur la même longueur d’ondes, [explique le casinotier]. Les casinos sont les grands perdants de l’histoire. Alors je ne vois pas pourquoi moi, je ne pourrais pas faire comme eux. Et si on m’attaque en justice pour faire fermer mon site, il faudra faire fermer tous les autres. Quand on est joueur, on appelle cela un coup forcé ».
Le site existe déjà, mais ne permet pas jusqu’ici de jouer de l’argent réel. Pour essayer de contourner la législation nationale qui interdit jusqu’à fin 2009, ce type de pratique depuis la France, le groupe opère cette nouvelle activité sous une licence de Malte et une autre de Gibraltar.
Une situation financière inquiétante
Cela faisait une semaine que le site devait proposer des mises avec argent réel mais Patrick Partouche a préféré frapper fort en faisant éclater toute l’affaire en plein colloque. Il n’y a pas meilleur moment pour marquer les esprits. Et ils en ont besoin.
En effet, la situation des casinos en France est au plus mal. Des nouvelles sources de financement sont à trouver de toute urgence sous peine de voir se réaliser les pires prédictions dont on parle en interne. « Il y aura des plans sociaux » entend-on un peu partout.
Cette situation des plus inquiétantes est provoquée par la nouvelle concurrence des sites de jeu d’argent en ligne qui pullule sur le web. A la fin du mois, les casinos devraient annoncer une baisse globale de 10% de leur chiffre d’affaires.
« Tous les jours, nos clients sont sollicités par les sites de jeux sur Internet, explique Georges Tranchant, président du groupe éponyme. Ils peuvent jouer chez eux en fumant alors que chez nous c’est interdit, sans qu’il ne se passe rien.» Luc Leborgne, directeur de Viking Casinos, est encore plus énervé au sortir du colloque: «Il y a dans cet endroit tout un tas de gens mis en examen qui pratiquent une activité illicite et la police n’est pas là pour les arrêter ».
La mauvaise santé financière des casinos va se répercuter sur le budget de certaines communes qui peuvent tirer jusqu’à 50% de leurs revenus des taxes sur les établissements de jeu. « Oui, les villes vont souffrir, mais s’il faut fermer des casinos, j’irais moi-même le faire, annonce Patrick Partouche. Je donne 58% de mes recettes pour avoir le droit d’exploiter un monopole. Je suis d’accord. Encore faut-il qu’il y ait un monopole ».