Les casinos en ligne et le blanchiment d’argent

Samedi 24 janvier 2009

Le service central de prévention de la corruption pointe du doigt les dangers du web. En effet, dans un rapport, il attire l’attention de l’Etat sur le fait que la criminalité organisée réussit à tirer profit de l’économie virtuelle.

 

Une corruption stagnante

 

Selon les chiffre, la corruption n’a ni augmenté, ni baissé depuis une décennie. Durant cette période, le nombre de jugement n’a pratiquement pas évolué. Il y a deux ans, une centaine de chefs d’entreprise, élus ou fonctionnaires ont été reconnu coupable de corruption active ou passive. Les faits dataient souvent de plusieurs années. Selon le rapport du service central de prévention de la corruption, ces affaires correspondent qu’à seulement 0,023 % de l’ensemble des  procès en Ile de France. Michel Barrau, le directeur de ce service, annonce : « Des progrès en terme de détection paraissent envisageables ».

 

Les risques concernant la légalisation des jeux sur Internet

 

Le service central de prévention de la corruption est une organisation interministériel crée en 1993 qui dépend du Ministre de la justice. Il pointe du doigt les dangers de la légalisation des jeux d’argent en ligne. Ces derniers offrent, en effet, de nouvelles formes de fraudes. De plus, le nombre important des interlocuteurs complexifie grandement les enquêtes. La multiplication des flux suspects risque d’augmenter les délits de corruption et de blanchiment. Le grand banditisme peut très simplement « blanchir des fonds illégaux à partir d’un site de jeu sur Internet ». Les sites de gambling sur Internet opèrent souvent depuis Malte ou Gibraltar pour échapper à la loi. Ces casinos en ligne offrent un moyen idéal pour transformer l’argent sale en gains légaux. Cette pratique n’est pas nouvelle. Il s’agit en effet seulement de la conversion virtuelle du classique blanchiment d’argent dans les casinos pratiqué par la mafia.

Cette pratique n’est pas la seule qui inquiète le service central de prévention de la corruption. Une autre concerne, plus particulièrement, les sites de paris sportifs. Ces derniers pourraient pousser le crime organisé à corrompre des joueurs, des entraîneurs ou des arbitres afin de connaître le résultat d’un match avant le coup de sifflet initial pour gagner beaucoup d’argent. Le monde du football s’inquiète déjà de ces pratiques. « Il serait souhaitable que les lobbyistes et les États qui prônent l’ouverture à la concurrence de ce secteur prennent conscience qu’il ne s’agit pas d’une activité économique ordinaire mais d’un secteur dans lequel le risque est patent, connu, irréfutable et que le choix de l’absence de contrôle pourrait favoriser la criminalité ».

 

Des flux financiers difficiles à retracer

 

Le rapport du service central de prévention de la corruption rappelle l’histoire du cercle Concorde. Ce haut lieu du jeu parisien a du clore ses portes, l’année dernière, à cause d’un procès pour association de malfaiteur, extorsion de fonds et corruption. D’autres exemples récents « montrent qu’il est difficile de contrôler des jeux installés physiquement sur un territoire. Qu’en sera-il alors, si on y ajoute l’utilisation d’Internet et des paradis fiscaux ? ». En effet, ces enquêtes se heurtent toujours à la complexité retracer les flux d’argent empruntés.

Lors d’un récent colloque, le juge Renaud Van Ruymbeke a affirmé que « face aux détournements menés par le biais de circuits offshore, il faudrait s’interroger sur des mesures comme la levée du secret bancaire en Suisse, au Liechtenstein, à Gibraltar ou aux îles Caiman, mais on se heurte à des résistances très fortes ».

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