Les casinos français en difficulté

Lundi 22 décembre 2008

2008 s’annonce comme une année qui marquera le marché du jeu d’argent en France, pas à cause d’un bilan particulièrement encourageant, mais au contraire à cause d’une baisse très importante du chiffre d’affaire des casinos. La crise financière internationale a sa part de responsabilité. Elle invite les joueurs à la prudence. Les établissements de jeu pâtissent de la diminution globale des dépenses de loisir. Deux lois antérieures à la crise ont aussi portées un coup négatif aux casinos : l’interdiction de fumer dans les lieux publics et l’obligation de vérifier l’identité des joueurs. Ces mesures ont fait subir une diminution de la fréquentation de 15% depuis leur mise en place, en octobre 2007.

Un bilan très mauvais

Les 197 casinos de France sont touchés par cette désaffection du public. La diminution du produit brut des jeux est là pour nous le prouver. En effet cet indice, constitué par la différence entre les mises des joueurs et les gains réglementaires versés par la maison de jeu, a baissé de 10,2% sur la période 2007-2008 par rapport à celle de 2006-2007. Sur cette dernière, le produit brut des jeux se porte bien avec 2,8 milliards d’euros et une hausse de 3,07%. La baisse à deux chiffres de 2007-2008 nous renseigne sur l’état alarmant des établissements de jeu d’argent en France. Les trois syndicats patronaux (Casinos de France, Syndicat des casinos modernes de France, l’Association des casinos indépendants de France) ont publié le bilan des 170 casinos sur les 197 que compte notre pays. Il n’est pas des plus encourageant. La baisse est de 13,5% sur les 10 premiers mois de 2008, avec des mois d’août, septembre et octobre particulièrement mauvais avec respectivement -15,5%, -20% et -16,5%.

De multiples facteurs

Plusieurs raisons peuvent être évoquées pour expliquer cette baisse du secteur des jeux d’argent. Bien évidemment, la crise financière mondiale a touché ce marché, comme toutes les autres industries du divertissement. De plus, des lois ont refroidi certains joueurs. En effet, il est dorénavant interdit de fumer dans un casino, et pour protéger les mineurs et les joueurs pathologiques, il est obligatoire de présenter une pièce d’identité à l’entrée des établissements de jeu d’argent. Enfin, la Française des jeux et le PMU représente une concurrence importante. La première propose des jeux très attractifs comme le nouveau loto ou le récent Poker ou Noël à Vie. Le second permet même de miser, tranquillement depuis son logement, sur Internet.

Une réponse de l’Etat est attendue

Si cette situation délicate se prolonge, des fermetures de casinos sont à prévoir annoncent Patrick Partouche du Goupe Partouche et Dominique Dessaigne du Groupe Barrière. Ces derniers attendent une réponse de l’Etat. Un allégement fiscal pour une durée de deux ans sera le bien venu, de même que la possibilité d’ouvrir plus facilement des nouvelles tables de jeux comme du Poker texas hold’em, de la Roulette et du Blackjack. Ces mesures devraient permettre d’augmenter le produit brut des jeux. Les casinotiers ne sont pas les seuls l’espérer. En effet, certaines commune dépendent directement ce cette manne financière. Par exemple, le budget de la ville de Barbazan est issu pour 74% des impôts du casino. 100 emplois directs ou indirects ont été créés grâce à lui.

La menace et l’espoir des casinos en ligne

Actuellement, la multiplication des casinos virtuels illégaux est dangereuse pour la santé financière des établissements de jeu. Par contre, la libéralisation des jeux d’argent( Craps, Roulette, Poker, pairs en ligne,…)sur Internet, prévue pour 2009, pourrait permettre aux groupes qui se positionnent sur ce nouveau marché de remonter la pente. Une lutte acharnée s’annonce. Elle devrait jouer en faveur de la bonne santé du jeu en France.

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