UIGEA : la Maison Blanche finalise la loi
Samedi 6 décembre 2008
Aux Etats-Unis, l’Administration Bush achève la mise au point des détails qui permettront d’imposer la Loi d’application d’interdiction du jeu sur Internet (UIGEA), et ceci en dépit de la promesse faite de ne rien ajouter à ce règlement après le 1er novembre sauf dans des circonstances extraordinaires.
Les républicains ont perdu le contrôle de la Maison Blanche lors des dernières élections mais Barack Obama n’accèdera officiellement à la présidence que le 20 janvier 2009. D’après le lobby Initiative pour des Paris Sûrs et Sécurisés sur Internet (groupe sans but lucratif), les nouveaux règlements pour imposer la loi UIGEA seront publiés à la dernière minute pour qu’ils ne puissent être stoppés par l’administration entrante, tactique orchestrée par un fonctionnaire de Bush qui était encore il y a peu un membre du lobby de la Ligue Nationale de Football Américain (NFL).
« À un moment où le système financier est en crise, il est irresponsable de la part de l’Administration Bush de se précipiter dans des régulations fort déficientes, que même les représentants du département du Trésor et de la Réserve Fédérale ont publiquement qualifiées d’inacceptables » note Jeffrey Sandman, porte-parole du groupe Initiative pour des Paris Sûrs et Sécurisés sur Internet.
« Nous sommes sceptiques face aux motivations de l’Administration de tout faire au dernier moment, et encore plus étant donné la participation d’un défenseur de la NFL devenu délégué de Bush. »
Pas plus tard qu’en mars, William Wichterman était un défenseur salarié de la NFL, rétribué via le cabinet juridique de Covington & Burling, avant de partir et devenir délégué politique, le temps des derniers mois de l’Administration Bush. Le conseil d’administration du football américain s’oppose à toute forme de jeu en ligne excepté les sports fictifs, un passe-temps qui a généré l’année dernière plus d’un milliard de dollars de revenus et a activement fait campagne contre la législation clarifiant l’UIGEA.
« L’administration Bush crée une situation abjecte en se précipitant dans des législations boiteuses de dernière minute pour gêner délibérément l’administration entrante, » conclut Sandman.